Voilà plusieurs semaines que lors de mes séances d’affût au renard, j’observe les Pies-grièches écorcheurs qui ont établi leur quartier général dans une haie en bordure de la prairie. J’ai bien essayé plusieurs fois de les approcher, mais ces oiseaux sont extrêmement farouches et à moins de cent mètres c’est mission impossible. J’ai même tenté de construire un affût rudimentaire non loin de leur perchoir de prédilection, mais les coquines ont fait de ma construction leur nouveau poste d’observation.
Cette nuit une nouvelle idée m’est venue : tenter une approche dans une tente affût. Le principe est simple, il suffit de monter la tente (sans sol) à l’abri de la forêt puis de s’approcher lentement en portant la tente de l’intérieur. Basique voir même un peu idiot à bien y réfléchir…
En arrivant sur place tôt ce matin je surprends un Chevreuil broutait mon affût sur lequel était posée la famille de Pies-grièches. La journée commençait bien mais les bruits de mon déclencheur ont rapidement fait détaler le Chevreuil.

Les jeunes Pies-grièches sont maintenant sorties du nid et les parents s’affairent à leur procurer de la nourriture. Ma tente affût dépliée à l’abri des regards, je me glisse à l’intérieur et commence à avancer à découvert dans la prairie. Le subterfuge semble efficace, les oiseaux sont surpris mais l’absence de bipède les rassure.

Malheureusement ce n’est qu’une illusion. A une cinquantaine de mètres, les oiseaux sont plus méfiants et à chaque mètre progressé, les oiseaux reculent d’autant. Au bout d’une moment le mâle fait un large détour pour éviter la tente affût et revenir au point de départ cinquante mètres en arrière. Quelques secondes plus tard la famille s’est reconstituée et je suis comme un idiot au milieu de la prairie… Il doit bien y avoir un moyen de les approcher ces satanées Pies-grièches !