Journée maussade. Le jour se lève et il pleut. Mais pas question de rester à la maison le sentiment de rater quelque chose est plus fort que tout. Sur les renseignements d’un garde de l’ONF je prends la direction des pâturages du Chalet Bizot où un groupe de chamois devrait se trouver en ce moment. Sur le chemin qui grimpe vers mon lieu de stationnement, je rejoins plusieurs véhicules. Mince les chasseurs ont prévu une battue dans le coin. Je les connais et me renseigne sur leur lieu de chasse. Pas de chance la battue est organisée entre les pâturages de la Réserve du Haut Jura et la route des 1000 mètres. Je décide alors de me rabattre sur un autre endroit fréquenté par les chamois : le Plat des Roches.
Arrivé sur les lieux le vent se lève et il ne fais pas très chaud, heureusement je n’ai pas oublié mes gants ni mon bonnet… Les chamois sont effectivement là mais ils sont déjà passés à l’endroit où j’ai l’habitude de les photographier. Je retrouve des crottes encore chaudes. Avec le changement d’heure, j’ai dormi une heure de plus mais pas les chamois…

Nikon D300s, Nikkor 300mm f/2.8 + multiplicateur 1.4, 800ISO

Je les retrouve un peu plus loin. Ils empruntent toujours le même chemin escarpé qui les emmènent plus bas dans la combe. C’est groupe de jeunes animaux qui suivent les adultes que je distingue aux pieds des falaises.  Au printemps j’avais déjà observé au même endroit une mère et son petit.

Sur la photo ci-dessus on peut parfaitement voir que « le pied du chamois est constitué de deux doigts latéraux chacun équipé d’une partie cornée, l’onglon. Le sabot, divisé en deux onglons, comporte 5 parties déterminant la sûreté du pas en terrain accidenté. La pince, sur neige ou glace, à la fonction d’un « piolet » d’alpiniste tandis que la sole et le talon constitués d’une matière souple épousent les aspérité du substrat sur lequel ils reposent.
De plus, les deux onglons sont nettement séparés l’un de l’autre et orientables. Ils servent de « pince ». Ils sont aussi reliés entre eux par une membrane, le septum, aux fibres conjonctives résistantes et sans tissu musculaire qui fait office de « raquette » sur les terrains meubles. Les antérieurs et les postérieurs sont légèrement différents, les postérieurs ayant d’avantage un rôle d’assise dans les allures que de saisie. La « pince » y est moins prononcée mais la surface de contact de la sole est plus importante. Le pied est complété par des ergots, vestiges terminaux des doigts latéraux atrophiés recouverts de coussinets adipeux et fibreux, 5 à 6 cm au-dessus du sabot qui renforcent les points d’ancrage du pied du chamois en terrain pentu » (Thèse de Biologie de Laurent Tarnaud)

Nikon D300s, Nikkor 300mm f/2.8 + multiplicateur 1.4

D’après les gardes de l’ONF, on ne connaît pas exactement le nombre de chamois de la région. Lors de comptages se sont surtout les troupeaux présents dans les pâturages qui sont référencés. Mais ces derniers sont moins nombreux alors que des individus isolés se rencontrent de plus en plus fréquemment dans la forêt. Le lynx serait à l’origine de cette dispersion des animaux ainsi qu’un loup dont les traces ont été retrouvées.
Un Lynx femelle et son petit ont d’ailleurs été observés au Col du Sac en train de se nourrir sur une carcasse de chevreuil.