Toujours occupé à suivre les Grimpereaux dans leur arbre creux (voir article « Les Grimpereaux du Paradis« ), je passe beaucoup de temps à écouter les environs. Si les Torcols fourmiliers, les Pics et le couple de Buses variables font beaucoup de bazar dans le petit bois qui me sert d’observatoire, il m’arrive parfois d’entendre les grognements d’un cerf dans les taillis voisins.
Cet après-midi la lumière n’était pas suffisante pour capter le mouvement des Grimpereaux. Même à quelques mètres des oiseaux et avec un 300mm f/2.8 1000 ISO, toutes les images sont floues… Par dépit et attiré par le cri d’un Pic vert en lisière de bois, je fais quelques pas dans la clairière avant de m’assoir pour observer une Ancolie vulgaire. Toujours sous mon filet de camouflage qui s’accroche dans la moindre ronce, je me demande à quoi il peut bien servir car l’Ancolie ne risque pas de se sauver (c’est l’avantage avec les plantes…). Mais le hasard fait parfois bien les choses et c’est à ce moment là que trois cerfs décident de traverser la clairière.

Escortés par une armée de mouches, les trois compères s’arrêtent essoufflés au milieu des ronces et des jeunes frênes. Les violents mouvements de tête n’y font rien, ces maudits insectes ne renoncent jamais. Même à bonne distance, les premières rafales du reflex suffisent à les alerter. Mais mon filet de camouflage qui ne servait à rien pour l’Ancolie s’est trouvé être idéal pour les cerfs… Les quelques pas hésitants des curieux dans ma direction cèdent définitivement aux déclenchements assourdissants de l’appareil photo. Plus prudents que téméraires, les trois coiffés préfèrent regagner le sous-bois protecteur toujours accompagnés de leurs fidèles diptères.