Comme chaque année à cette époque les Bihoreaux gris envahissent la Réserve des Etournels. « Envahissent » est un bien grand mot car pour l’instant je n’en ai observé que deux…
Bien calé sous mon filet de camouflage complété de quelques branches de saules, je me suis dissimulé à un endroit que j’affectionne particulièrement et reconnu (par moi même…) pour être un lieu de chasse et de passage très fréquenté par les Bihoreaux gris, les Hérons cendrés, les Martins pécheurs et autres habitants des marais.
Il n’a fallu que quelques minutes pour voir apparaître une Fuligule morillon, un Héron cendré et une famille de Harles bièvres occupée à remonter le courant du Rhône tout proche.

Puis est arrivé l’oiseau pour lequel je m’étais levé tôt : le Bihoreau gris. Toujours très discret et farouche, ce petit héron est brun beige ponctué de taches blanches dans sa première année avant de devenir gris au dos noir à l’âge adulte.

 

C’est donc un jeune Bihoreau qui est venu se poser à quelques mètres de mon affût. Sans se préoccuper du tas de branches sous lequel j’étais accroupi et d’où mes deux pieds dépassaient, le juvénile a commencé une pêche maladroite mais toute en souplesse et rapidité.

Ses déplacements très lents en avant et en arrière et ses pas de côté furtifs évoquent les mouvements de la gymnastique énergétique pratiquée par les chinois : le Tai-chi du Bihoreau.

Tout en harmonie et en équilibre il s’approche de la surface afin de surprendre le premier poisson qui oserait passer par là.

Après de nombreuses tentatives infructueuses et avec beaucoup de persévérance et de patience, l’apprenti pêcheur a fini par harponner un petit poisson. Ce dernier devait être également jeune et sans expérience…