Cette fois-ci pas de panne d’oreiller. Dans la forêt dès 6h00 du matin, la lune gibbeuse descendante ne suffit pas à éclairer les sous-bois. Arrivé dans une clairière plantée de solidages, je suis surpris par la présence d’un cerf. Il brame à quelques dizaines de mètres de moi et je l’entends respirer bruyamment. M’a-t-il senti, vu, entendu ou il y a-t-il des biches non loin de là. Quoiqu’il en soit il fait un raffut du diable et je n’arrive pas à le distinguer dans le noir. Je ne suis pas très fier au milieu de cette clairière où les points de repli sont assez loin… Par chance il semble s’éloigner. J’en profite pour rejoindre mon poste d’affût habituel alors qu’une bande de sangliers à la queue leu leu regagne la forêt protectrice pour passer la journée. Je croise le regard de la bête de tête. J’ai l’impression qu’elle me fait un clin d’œil avant de poursuivre son chemin. Il y a encore pas mal de brume…
Attentif au moindre bruit je scrute les environs quand tout à coup une biche sortie de je ne sais où m’observe à quelques mètres.

Nikon D300s, Nikkor 300mm, f/4, 1250ISO, 1/50s

La discrétion de cet animal est extraordinaire. Cette biche solitaire est arrivée sans aucun bruit et se retrouve en face de moi. Malgré les bruits de déclenchement de mon reflex, elle ne bouge pas. J’ai l’impression qu’elle me connaît… Je la mitraille à la manière d’un photographe de mode. Elle prend la pose quelques dizaines de secondes. Enfin lasse, un dernier regard et mon top modèle disparaît en trois bonds dans les roseaux.
J’en ai un peu rajouté ce soir !

Nikon D300s, Nikkor 300mm f/2.8, f/4, 1250ISO, 1/50s