Bien calé entre deux rochers au bord des falaises de la Combe d’Enfer, je me protège du vent qui souffle par rafales. A 9h00 du matin le soleil commence seulement à inonder la combe de ses rayons réconfortants. Les Chamois pointent le bout de leur nez  dans des endroits escarpés et inaccessibles.
A quelques centaines de mètres plus bas, le Fort l’Ecluse est le théâtre d’une bataille rangée entre un Aigle royal et deux Grands Corbeaux. Un peu plus bas une bande de Choucas des tours virevoltent au dessus du Rhône. Soudain deux Faucons crécerelles décollent des murs du Fort et se laissent porter par les ascendances. Je les suis avec attention car sans un coup d’ailes ils grimpent rapidement le long des falaises. Juste le temps de mettre en place mon téléobjectif, ils sont déjà à « distance photographique ».

Occupés à chasser ils ne me remarquent qu’au dernier moment. Mais ils se déplacent tellement vite que les trouver dans l’objectif n’est vraiment pas facile… Ils passent à dix mètres au dessus de moi, mais seul un morceau d’aile est sur la photo !
Puis cinq minutes plus tard un autre Faucon arrive, cette fois je ne vais pas le rater. Je me prépare et je le suis dans l’objectif depuis le bas de la combe pour être certain de bien le cadrer. Lorsqu’il arrive à ma hauteur, je mitraille, mais l’autofocus est à la peine, l’oiseau va encore plus vite que les précédents et il est cette fois à contre jour.  En quelques secondes, il disparaît derrière les rochers.
Tout excité à l’idée d’avoir obtenu une belle image de Faucon, je parcours la carte mémoire de mon appareil, et je m’aperçois en fait que mon Faucon est un Épervier d’Europe… Belle surprise pour un piètre ornithologue !