Après le soleil, la mer à 28°C et les milliers de poissons multicolores, le retour dans la campagne gessienne  offre un contraste saisissant : -5°C, sol gelé, ciel couvert… Lors d’une brève promenade matinale, je me sens un peu seul dans la forêt encore tétanisée par le froid. Tout est calme, pas âme qui vive, seul un malheureux héron frigorifié passe à 200m et dévie son vol en me voyant. Le sol craque sous mes pas, la discrétion n’est vraiment pas possible. J’ai l’impression de faire un raffut d’enfer…
Puis d’un seul coup le soleil perce les nuages.  Tout semble revivre, les pics tambourinent sur les arbres morts, les mésanges jusque là invisibles réapparaissent et une nuée de Bouvreuils pivoines s’abat autour de moi. Pourtant craintifs ces derniers semblent ne pas m’avoir remarqué ou du moins m’ignorent avec beaucoup de classe. Immobile et l’œil rivé sur le viseur je mitraille dans tous les sens, malheureusement l’environnement est complexe. Les tiges de solidage sur lesquelles se nourrissent les Bouvreuils perturbent en permanence la mise au point.

De toute la série d’une centaine de photos, seulement cinq ou six sont exploitables. Heureusement que le numérique existe…