6h30 du matin. Ça fait longtemps que je ne suis pas retourné aussi tôt dans la réserve de l’Etournel. Dans l’obscurité et un léger brouillard, je retrouve avec plaisir mes camarades de jeux…

En affût au bord d’une clairière, je me morfonds au pied d’un chêne sous mon filet de camouflage. A part les gouttelettes d’eau du brouillard qui tombent des feuilles détrempées, il n’y a pas un bruit et surtout pas âme qui vive. Je suis arrivé trop tard ! Tout le monde est déjà à l’abri de la forêt. Le jour commence à se lever, par ennui, j ‘essaie une mise au point sur un tronc d’arbre. A 1600 Iso et dans le brouillard, l’autofocus a du mal à accrocher. Tout d’un coup une ombre passe dans le capteur… Un jeune renard. Il vient de me frôler et se retourne surpris par le bruit de mes essais. Juste le temps de déclencher et il disparaît dans les broussailles.

Nikon D300s, Nikkor 300mm, f/2.8, 1600ISO, 1/10s

Le calme revient. Après une demie-heure supplémentaire  sans rien voir venir je décide de ranger mon filet de camouflage et je me relève pour quitter mon poste. Mince à 10m une biche est là derrière un arbre. Silencieuse, je ne l’ai pas entendue venir. Doucement je retourne à mon déclencheur.

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La belle disparait un peu plus loin alors qu’arrivent 3 sangliers. Ceux là au moins, ils ne vont pas me surprendre… La chasse photographique, c’est l’école de la patience. Heureusement ce sont encore les animaux qui décident.

Nikon D300s, Nikkor 300mm, f/2.8, 1600ISO, 1/40e

Quelques heures plus tard, sur le chemin du retour, alors que le brouillard a disparu et que le soleil inonde la réserve, une biche et son jeune se sont montrés sur les rives de la grande île. Ce matin c’est donc un rentrée matinale réussie. J’ai retrouvé tous mes camarades de capteur sauf celui que j’étais venu photographié et qui est la star du mois de septembre : le cerf. Mais deux ont bramé ce matin sur la grande île.