Lorsque l’on veut observer les chamois dans notre région, il y a plusieurs places remarquables où ces derniers sont abondants et habitués à la présence de l’homme (Le Reculet, La Dôle,…). Par contre si il y a un endroit où il ne faut pas aller c’est bien la Combe d’Enfer. Le lieu est certes magnifique et sauvage, mais le petit groupe de chamois qui fréquente la combe est d’une extrême prudence et toujours prêt à la moindre vue d’un bipède à se réfugier dans les falaises abruptes et pleines d’arbrisseaux rachitiques.
C’est donc avec beaucoup d’étonnement que je suis tombé sur le groupe de chamois dans la forêt assez loin des falaises. Arrivé sans précaution d’usage, mon apparition a évidemment fait déguerpir la troupe. Mais curieusement une femelle dont une corne est cassée est restée à m’observer et après quelques minutes c’est même approchée à une dizaine de mètres comme pour vérifier si l’intrus présentait un quelconque danger…

A rester sans bouger les minutes paraissent bien longues et les muscles s’engourdissent rapidement mais heureusement la curieuse finit par s’éloigner tout en gardant un œil moi.

Ne voulant pas interrompre ce moment aussi exceptionnel, je décide de suivre le groupe dans les falaises. Alors que je les observe regagnant la forêt un peu plus bas dans la combe, une énorme vipère me file entre les pieds ! C’est la première fois que je rencontre un serpent de cette taille dans la combe. Ça fait réfléchir…
Un peu plus tard les chamois ont retrouvé la forêt et la femelle « unicorne » est toujours aussi curieuse. La Combe d’Enfer réserve parfois des surprises.